RADIO TROPICALE :: PéKIN 2008:L’ATHLéTISME ANTILLAIS PEINE à SE MAINTENIR AU PLUS HAUT NIVEAU
PéKIN 2008:L’ATHLéTISME ANTILLAIS PEINE à SE MAINTENIR AU PLUS HAUT NIVEAU
Posté par : sandra / Source: rfo.fr / 30-07-2008
Aucun athlète s’entraînant aux Antilles n’a été sélectionné en individuel lundi pour les jeux Olympiques de Pékin, preuve des difficultés de la Guadeloupe et de la Martinique à mener leurs jeunes au sommet à l’âge adulte, faute d’infrastructures et d’un encadrement adaptés.
David Alerte, depuis 2005, et Eddy De Lépine, depuis 2006, masquaient un peu le problème en se qualifiant systématiquement pour les grands championnats sur 200 m, mais cette année, les deux Martiniquais restés sur leurs terres ont largement échoué dans la course aux minima (20.33).
Seul Alerte ira aux Jeux pour le 4x100 m, voire le 4x400 m, De Lépine ayant été retoqué pour avoir manqué un suivi longitudinal.
Un beau gâchis pour le champion d’Europe espoirs du 200 m et le champion du monde 2005 du relais 4x100 m, qui ne bénéficient pas de conditions d’entraînement de haut niveau en Martinique.
Les entraîneurs des deux hommes sont bénévoles. Luc Piquionne, qui s’occupe de De Lépine, est directeur des sports de la commune de Ducos et Frédéric Béret, mentor d’Alerte, technicien dans un hôpital.
"Les SDF de l’athlé"
Le reste de l’encadrement est réduit à néant. "J’aimerais bénéficier en permanence de l’appui d’un kiné", indique Béret. "J’en ai un qui me rend service quand il peut, mais il n’est pas là sur le stade."
Et lorsqu’un athlète est blessé, il doit attendre deux à trois mois pour passer une IRM, comme n’importe quel malade, alors qu’en métropole, les sportifs de haut niveau sont reçus dans la journée.
"Aucun club en Martinique n’a de salle de musculation correcte et surtout réservée aux athlètes", ajoute Roger Grangenois qui, à bientôt 57 ans, continue à former bénévolement les nouvelles générations en dehors de ses heures de cours d’éducation physique.
Quant aux pistes d’entraînement, "nous sommes les SDF de l’athlé", rigole Piquionne. Avant l’ouverture d’un anneau de 200 m dans le lycée de Ducos début mai, De Lépine s’entraînait essentiellement sur une ligne droite bordant un terrain de football et n’avait accès à la piste de Rivière-Salée qu’une fois par semaine.
Au total, selon Piquionne, la Martinique ne compte que trois pistes de très haut niveau, une bonne piste d’entraînement et deux pistes sous-équipées.
"Je ne pense pas qu’on souffre de problèmes de structure, d’un manque d’équipements", tempère l’ex-sprinteur Max Morinière, qui s’occupe des équipements sportifs au Conseil général. "Si on compare au nombre d’habitants, on est plutôt bien fourni," ajoute l’ancien membre du relais 4x100 m qui battit le record du monde en finale des Championnats d’Europe 1990.
De Lépine part en métropole
Le faible nombre de meetings de haut niveau dans les Caraïbes ne favorise pas non plus l’émulation... quand les athlètes peuvent s’y rendre, le transport aérien étant compliqué dans la région.
Ce cocktail explique en partie que De Lépine attende toujours de confirmer ses 10 sec 19, record de France juniors, réussies en 2003.
Jusqu’ici David (Alerte) n’a jamais arrêté de progresser, mais à un moment il faut forcément aller voir ailleurs", estimait Béret début mai. "C’est lui qui choisira ce moment."
"Ce n’est même pas d’actualité", répondait son athlète début juillet, tout en pointant lui aussi du doigt "le manque d’encadrement et de structures médicales" en Martinique.
De Lépine, né en 1984 comme Alerte, s’est en revanche résolu à partir."D’ici la fin de saison, je pense que je vais aller en région parisienne", dit-il.Comme l’ont fait ses aînés antillais Marie-José Pérec, Christine Arron ou Ronald Pognon, tous contraints de venir en métropole pour bénéficier de conditions propices à l’éclosion de leur talent.